4. Aides et accompagnements spécifiques aux nouveaux arrivants

La formation en entreprise

D’un pays à l’autre, les méthodes de travail, les techniques et les technologies utilisées ne sont pas forcément les mêmes. En tant que nouvel arrivant, il sera peut-être nécessaire que votre employé actualise ses connaissances ou développe de nouvelles compétences au regard du contexte québécois.

En tout état de cause, la formation et le perfectionnement des employés sont des moyens importants d’attirer des travailleurs et de garder le personnel existant. Toute formation est motivante pour un travailleur étranger nouvellement arrivé, car cela va lui permettre de combler d’éventuelles lacunes dans ses connaissances, de croître et d’améliorer ses compétences. Investir dans une formation lui montre aussi qu’en tant qu’employeur, vous vous souciez de lui.

La formation en entreprise peut prendre plusieurs formes :

  • la formation d’appoint, ayant pour objectif de venir compléter des compétences du nouvel arrivant ;
  • la formation continue, qui permet à votre salarié de se perfectionner tout au long de son contrat de travail afin de lui permettre de réaliser les tâches attendues ;

Cette formation peut être réalisée en ligne, par le biais de vidéoconférences et de modules sur internet. Emploi-Québec offre des programmes et des services qui peuvent vous aider à accompagner votre personnel dans une démarche de formation et de développement des compétences.

La formation à distance dans un contexte de pandémie

Pour les salariés en place, la question de la formation et du développement de compétences est d’autant plus importante qu’elle ne saurait se contenter de visioconférences avec des experts et autres transferts verticaux de connaissances. L’enjeu est, bien sûr, le maintien ou mieux, la progression du niveau d’engagement de ces travailleurs dans un contexte où l’émulation du groupe, au sens physique du terme, a disparu.

La visioconférence est un support utile pour des réunions de travail, voire de courtes sessions de partage d’information, mais elle trouve rapidement ses limites au-delà d’un usage simple. La mise en place d’un programme de formation virtuelle à l’échelle d’une entreprise est un investissement important, qu’il s’agit d’aborder par étapes. Toutes les structures ne sont pas en capacité de proposer des solutions souples et à la carte de contenus virtuels dirigés par des instructeurs spécialisés, des ateliers, des sessions d’autoformation, des initiatives de mentorat virtuel et autres projets de groupe.

Pour les entreprises, il s’agit de prioriser les compétences à développer, et d’identifier les objectifs d’apprentissage en fonction des équipes de travail ou les individus. C’est sur la base de ces objectifs qu’il sera possible d’identifier les méthodes et technologies appropriées, le calendrier, et bien sûr le contenu, sur la base de l’existant.

Mais, dans tous les cas, la généralisation du télétravail entraîne une mise à niveau et un réapprentissage des rapports de hiérarchie et du fonctionnement des équipes, à commencer par la formation des personnels gestionnaires, que la distance et le manque de contrôle apparent peuvent déstabiliser au point de nuire au travail de l’équipe.

Les cours de français en milieu de travail

Au Québec, l’intégration des nouveaux arrivants sur le marché du travail passe par l’apprentissage de la langue française, qui est la langue officielle de la province. Mais si le processus de sélection de l’immigration au Québec donne une part significative à la maîtrise du français, beaucoup de personnes immigrantes ne maîtrisent pas la langue à un niveau suffisant pour trouver un emploi ou, s’ils en ont un, se faire comprendre par leurs employeurs.

Comme nous l’avons vu précédemment, la francisation des personnes immigrantes demeure une priorité pour le gouvernement du Québec. Malgré tout, il existe de nombreuses failles dans le système, notamment en région (mais pas seulement) : difficulté d’accès aux cours par manque de transports, manque de cours dans certaines régions, mais aussi réticence de certains travailleurs temporaires pour qui cet apprentissage ne présente pas d’intérêt suffisant à terme.

En tant qu’employeur, vous pouvez aider votre personnel issu de l’immigration à apprendre ou perfectionner ses compétences en français. Pour pallier les difficultés rencontrées sur le terrain, le MIFI a mis en place un programme de francisation en milieu de travail, grâce auquel vous pouvez offrir à vos employés non francophones des cours de français gratuits dans votre entreprise.

Les conditions de ces formations sont particulièrement avantageuses :

  • les cours prennent en compte l’emploi du temps des salariés, selon un horaire défini avec l’entreprise,
  • ils sont dispensés par un personnel qualifié,
  • l’ensemble du matériel didactique est fourni, gratuitement.

Pour plus d’informations, notamment sur les modalités d’accès à ce service et les engagements de l’entreprise cliente, consultez les informations fournies par le MIFI.

L’aide dans les démarches d’installation

Se procurer un numéro d’assurance sociale :

Une démarche simple, gratuite, mais obligatoire pour pouvoir travailler consiste en l’obtention de son NAS auprès de l’un des centres Service Canada. Pour localiser le centre le plus proche de son domicile, il suffit d’entrer le code postal de votre salarié sur le site de Service Canada. Ce dernier trouvera également l’information nécessaire quant aux documents à apporter en fonction de son statut au Canada.

À noter qu’il est possible d’en faire la demande à distance, sur présentation d’une pièce d’identité, d’une preuve de résidence au Canada et d’un permis de travail valide.

Le permis de conduire :

Les nouveaux résidents et les titulaires de permis de conduire étrangers peuvent conduire une voiture avec leur permis étranger pendant les six mois suivant leur installation au Québec.

Passé ce délai, ils doivent détenir un permis de conduire du Québec et faire ainsi les démarches auprès de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

Pour connaître les modalités d’obtention du permis québécois ou, selon les cas, d’échange de son permis national contre un permis de conduire québécois, référez à votre salarié le site de la SAAQ.

La santé :

Les travailleurs étrangers ne sont pas tous admissibles au système public de santé, et les employeurs doivent être conscients de cette réalité. Les travailleurs qui peuvent bénéficier des soins de santé couverts par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) devront établir, pour eux et chacun des membres de leur famille, une carte d’assurance maladie.

Pour plus d’information relative aux droits et à la couverture de votre salarié et de sa famille, selon son statut et l’existence éventuelle d’accords de sécurité sociale entre le Québec et son pays d’origine, référez à votre salarié le site de la RAMQ.

Il est aussi important de préciser à votre employé si vous lui offrez ou non une assurance collective complémentaire pour lui et sa famille, quelles en sont les conditions d’accès et quel type de protection supplémentaire cela couvre. Pour consulter un professionnel, trouver une ressource, rendez-vous sur la plateforme du gouvernement du Québec.

Le logement :

Le site de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) donne tous les outils aux nouveaux arrivants au Canada pour trouver un logement sûr et compatible avec son budget : guides, brochures, vidéos la location, l’achat et l’entretien d’une habitation. L’information est offerte en huit langues : français, anglais, mandarin/chinois simplifié, arabe, espagnol, ourdou, panjabi et tagalog.

Les assurances :

Pour toutes les questions relatives aux assurances, qu’elles soient automobile ou habitation, renseignement au centre d’information du Bureau d’assurance du Canada.

Les abonnements :

Téléphonie et internet figurent souvent parmi les priorités des nouveaux arrivants, qui souhaitent notamment garder le contact avec leurs proches.

La scolarité des enfants :

Si votre salarié a des enfants et qu’ils ont entre 6 et 16 ans, ils devront être scolarisés. Pour plus d’information, vous pouvez référer à votre salarié le site du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur.

Le système bancaire :

La plupart des banques offrent des services spécifiques aux nouveaux arrivants.

Pour comparer les offres et identifier leurs besoins :

Les impôts et les prélèvements obligatoires :

Consulter et référer les sites de l’Agence du revenu du Canada et de Revenu Québec.

Le guide « Les nouveaux arrivants et l’impôt » offre un excellent récapitulatif pour comprendre le système d’imposition.

Les congés :

Chaque travailleur étranger aura un référentiel différent sur la question des congés payés, des congés maladie, des congés sans solde ou encore des congés pour raisons familiales et personnelles, qui sont très variables d’un pays à l’autre. Il en va de même des jours fériés et chômés.

Prenez le temps, très en amont, de familiariser votre salarié au système québécois.

 

Bon à savoir :

Le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) offre des séances d’informations gratuites pour comprendre la société et la culture québécoise, destinées aux personnes immigrantes et aux nouveaux arrivants.

 

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