L’essentiel de l’actualité de l’immigration au Québec
#41
L’été a pris ses quartiers, et emporte avec lui l’actualité, dont le rythme s’est pour le moins apaisé.
Au Québec, la nette réduction et le recentrage des invitations envoyées lors de la dernière ronde d’invitations dans le PSTQ confirment le nouvel équilibre imposé, désormais, entre la voie régulière de la sélection permanente et le PEQ nouvellement réactivé.
De leur côté, les évolutions (certes prévisibles) enregistrées par le Programme des travailleurs étrangers temporaires et son volet bas salaire rappellent que les besoins économiques demeurent bien présents, malgré un contexte d’emploi contrasté. Les débats relancés par la FCEI sur la complémentarité entre main-d’œuvre locale et travailleurs étrangers témoignent d’ailleurs de la complexité d’un enjeu qui dépasse les seuls indicateurs de chômage.
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Coordination éditoriale
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Rédaction
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Édité par
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(Québec) Canada
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Le 3 juillet 2026, Québec a envoyé 501 invitations dans les quatre volets du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ). Cette ronde, beaucoup plus restreinte que les précédentes, intervient au lendemain de la réactivation temporaire du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).
Le recul annoncé du nombre d’invitations dans le PSTQ est particulièrement marqué par rapport à la ronde du 4 juin 2026, qui comptait 2 549 invitations :
Les métiers intermédiaires et manuels (catégories FÉER 3, 4 et 5) s’adjugent ainsi près de 58 % des personnes invitées en juillet. Cette donnée conforme, là encore, à ce qui avait été annoncé en marge de la réactivation du PEQ : il était prévu que les invitations envoyées dans le PSTQ viseraient en priorité les personnes qui ne se qualifiaient pas au nouveau PEQ, faute d’occuper un emploi suffisamment qualifié, soit parce qu’elles ne remplissaient pas les conditions requises pour présenter leur demande de sélection permanente dans le PEQ.
La seule certitude à ce jour : l’engagement du gouvernement à respecter le seuil annuel de 45 000 personnes admises (dont seulement 29 000 de la catégorie économique). Une donnée qui interroge surtout sur la logistique de l’opération, en particulier les conditions de réception et de traitement des demandes qui seront reçues quand le programme aura effectivement rouvert.
L’autre certitude, c’est que le gouvernement devra agir rapidement, alors que la session parlementaire qui s’ouvre le 5 mai 2026 s’achèvera dès le 12 juin pour la suspension estivale. Or, celle-ci semble plutôt pointer vers une clarification très attendue de la mesure.
La ronde de juillet comptait 501 invitations, contre 2 549 en juin, alors que le PSTQ doit composer avec la réactivation temporaire du PEQ.
Le gouvernement fédéral prolonge la suspension des nouvelles demandes dans le Programme des parents et des grands-parents. En 2026, aucune nouvelle demande ne sera acceptée afin de permettre à IRCC de poursuivre le traitement des dossiers déjà en attente.
Aucune nouvelle demande de parrainage de parents et grands-parents ne sera acceptée en 2026. Le super visa demeure la principale solution pour les familles souhaitant accueillir leurs proches.
La mesure s’inscrit dans la stratégie fédérale visant à réduire les inventaires de demandes et les délais de traitement. Durant l’année 2026, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) concentrera ses ressources sur les demandes déjà reçues, sans lancer de nouvelle période de réception des formulaires d’intérêt pour le programme.
Les familles qui souhaitent faire venir leurs parents ou grands-parents devront donc patienter avant de pouvoir présenter une nouvelle demande. En attendant, le gouvernement rappelle que le super visa demeure accessible. Ce permis permet aux parents et grands-parents de citoyens canadiens ou de résidents permanents de séjourner au Canada pendant de longues périodes, sans obtenir immédiatement la résidence permanente.
Une étude du CIRANO publiée le 15 juillet 2026 montre que les personnes immigrantes établies dans les régions non métropolitaines du Canada ont vu leur revenu augmenter (et leur risque de pauvreté diminuer) davantage qu’en milieu urbain. Des résultats qui mettent en lumière le potentiel de la régionalisation, mais qui rappellent aussi des défis de rétention élevés.
Près de 80 % de la croissance du revenu des personnes immigrantes installées en région entre 2011 et 2021 provient d’une meilleure valorisation de leurs compétences plutôt que d’un changement de leur profil.
Les régions rurales font face depuis plusieurs décennies au vieillissement et au déclin de leur population. Dans ce contexte, l’immigration constitue un levier important pour soutenir leur vitalité économique et démographique. Selon une étude du CIRANO fondée sur les recensements canadiens de 1991 à 2021, les immigrants établis dans les régions non métropolitaines ont bénéficié d’une amélioration marquée de leur situation économique, avec une hausse du revenu réel et une réduction des inégalités.
Les gains sont particulièrement importants chez les immigrants originaires des pays en développement, notamment pour les ménages à plus faible revenu. L’étude conclut que près de 80 % de cette progression s’explique par une meilleure valorisation des compétences des personnes immigrantes, davantage que par des changements liés à leur niveau d’études ou à leur profil démographique.
Nong Zhu et Jianwei Zhong préviennent toutefois que cette dynamique pourrait s’essouffler si certains secteurs clés perdent en attractivité. Ils recommandent donc de renforcer la stabilité et la rentabilité des industries qui emploient des personnes immigrantes, notamment par des politiques d’innovation, de meilleures conditions de travail et des mesures favorisant une intégration économique durable.
Le gouvernement du Canada élargit l’accès au renouvellement en ligne des passeports pour les adultes. Cette option est désormais accessible à toutes les personnes admissibles, à condition de respecter plusieurs critères précis liés à la résidence, au projet de voyage, ou encore au document qui fait l’objet du renouvellement.
Dans un communiqué du 28 juillet 2026, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a annoncé l’élargissement du renouvellement en ligne des passeports à l’ensemble des adultes admissibles. Jusqu’à présent, cette possibilité était offerte de façon progressive et limitée.
Pour utiliser ce service, plusieurs conditions doivent toutefois être remplies. Le demandeur doit renouveler son propre passeport, résider au Canada et disposer d’une adresse postale canadienne. Le passeport actuel doit être un passeport ordinaire délivré à l’âge adulte, valide pour cinq ou dix ans, émis au cours des 15 dernières années et arrivant à expiration dans les six prochains mois, ou déjà expiré.
Le renouvellement en ligne est également réservé aux personnes qui conservent les mêmes renseignements personnels (nom, date de naissance, lieu de naissance et désignation de genre), dont le passeport ne comporte aucune observation particulière et qui n’ont pas déclaré celui-ci perdu ou volé.
Une photo numérique prise par un photographe professionnel est aussi exigée.
Emploi et Développement social Canada (EDSC) a mis à jour les seuils salariaux applicables dans chaque province et territoire dans le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), en vigueur depuis le 17 juillet 2026.
Toutes les nouvelles demandes d’EIMT doivent désormais être présentées en fonction du nouveau salaire horaire médian de référence. Au Québec, celui-ci est passé de 34,62 $ CAN à 36,00 $ CAN.
Ces seuils déterminent le volet de traitement des demandes d’EIMT, selon que le salaire offert est inférieur ou égal ou supérieur au seuil en vigueur.
EDSC a publié, le 10 juillet 2026, les nouveaux seuils salariaux du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET). Ils sont entrés en vigueur le 17 juillet 2026 et s’appliquent à toutes les demandes d’évaluation de l’impact sur le marché du travail (EIMT) déposées à compter de cette date.
En marge de la hausse du salaire horaire médian, EDSC a également mis à jour ses données relatives au taux de chômage de référence par région métropolitaine de recensement (RMR). Au Québec, pour la période du 10 juillet 2026 au 9 octobre 2026, les RMR de Montréal et d’Ottawa-Gatineau enregistrent toujours un taux de chômage supérieur au seuil autorisé, et demeurent donc privées de demandes d’EIMT relevant du volet bas salaire du PTET.
Alors que le chômage des jeunes demeure élevé au Canada, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) estime que les travailleurs étrangers temporaires occupent principalement des postes que les jeunes Canadiens ne souhaitent pas ou ne peuvent pas occuper. L’organisation appelle à préserver l’accès au programme pour les PME.
Près de la moitié des jeunes interrogés affirment qu’ils ne rechercheraient pas un emploi comportant des quarts de nuit réguliers ou un travail physique exigeant, selon la FCEI.
Dans une nouvelle analyse, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) soutient que les difficultés de recrutement des PME s’expliquent avant tout par un décalage entre les emplois disponibles et les attentes ou contraintes des jeunes travailleurs.
Selon l’organisation, de nombreux jeunes écartent les emplois exigeant des quarts de nuit, un travail physique, des activités extérieures ou une rémunération au salaire minimum (ou près de celui-ci). La FCEI affirme également que ces postes sont souvent situés dans des régions où le bassin de main-d’œuvre est limité, ce qui accentue les difficultés de recrutement des petites entreprises.
S’appuyant sur ces constats, elle estime que le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) demeure essentiel pour plusieurs PME. Dans une entrevue accordée à TVA Nouvelles, son vice-président aux affaires nationales, Jasmin Guénette, soutient que les TET n’ont pas d’effet mesurable sur le chômage des jeunes, puisqu’ils répondent à des besoins de main-d’œuvre différents plutôt qu’à une concurrence directe entre travailleurs
Le gouvernement fédéral accorde 1,3 million de dollars sur deux ans à un projet destiné à accroître la population francophone du Manitoba. L’initiative doit simplifier les démarches des candidats francophones et bilingues, soutenir leur intégration professionnelle et mieux répondre aux besoins de main-d’œuvre de la province.
Le projet prévoit des activités de promotion à l’étranger pour faire connaître les communautés francophones et bilingues du Manitoba. Des outils numériques doivent aussi améliorer les processus d’immigration et l’accès au marché du travail. Le financement soutiendra notamment la reconnaissance des compétences des professionnels de la santé formés à l’étranger.
Des recherches porteront également sur les obstacles rencontrés par les résidents temporaires francophones. Le projet sera mené avec le Conseil de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba. Il s’inscrit dans une série d’initiatives fédérales visant à augmenter l’immigration francophone hors Québec.
Le Canada et les Territoires du Nord-Ouest investissent 860 000 $ sur deux ans afin de renforcer l’immigration francophone. Le projet vise à mieux attirer, accompagner et retenir les personnes immigrantes francophones et bilingues, en réponse aux besoins de main-d’œuvre et au développement des communautés francophones.
Le financement permettra d’améliorer les services d’information, d’accueil et d’intégration à Yellowknife, à Inuvik et dans la région de South Slave. Le projet fera aussi mieux connaître les voies d’immigration permanente et le Programme des candidats des Territoires du Nord-Ouest.
Une attention particulière sera portée aux résidents temporaires et à la reconnaissance de leurs compétences. Le Devoir souligne par ailleurs que plusieurs immigrants francophones choisissent déjà les Territoires du Nord-Ouest après un premier séjour dans une autre province, notamment le Québec.
Du 6 au 10 juillet 2026, IRCC a organisé quatre rondes Entrée express et envoyé 8 034 invitations. Les sélections ont visé successivement les candidats des provinces, les personnes ayant une expérience canadienne, les francophones et les cadres supérieurs déjà actifs au pays.
La première ronde a permis d’inviter 534 candidats des programmes provinciaux, avec un seuil de 708 points au SCG. Elle a été suivie de 2 000 invitations dans la catégorie de l’expérience canadienne, à 517 points. Une ronde fondée sur la maîtrise du français a ensuite rejoint 5 000 candidats, à partir de 420 points. Enfin, 500 cadres supérieurs possédant une expérience professionnelle canadienne ont été invités, avec un seuil de 392 points.
IRCC combine ainsi les priorités provinciales, l’intégration au marché du travail canadien, l’immigration francophone et des besoins professionnels précis, démontrant des pratiques de sélections de plus en plus segmentées.