L’essentiel de l’actualité de l’immigration au Québec
#39
En ce printemps 2026, l’immigration fait l’objet de signaux tout en contrastes et peine toujours à trouver son point d’équilibre.
D’un côté, les chiffres sont éloquents : les résidents non permanents reculent nettement en 2025, au Québec comme au Canada, avec un repli particulièrement marqué en fin d’année — surtout chez les détenteurs de permis d’études et de travail. Quant aux demandeurs d’asile, statistiquement beaucoup plus épargnés par les vagues de départs, ils ne sont pas en reste et font, eux aussi, l’objet de nouvelles exigences dans un programme sur le point de connaître une vaste « modernisation ».
De l’autre, Ottawa et Québec multiplient les réglages fins, en particulier pour les bassins qui connaissent le plus d’exodes. Citons par exemple la prolongation de certaines mesures pour les ressortissants ukrainiens sous AVUCU et iraniens ; l’introduction par Ottawa d’un permis fermé de 12 mois sous PMI, très balisé, vient soutenir Québec pour éviter des « trous de statut » à certains de ses travailleurs temporaires déjà engagés dans le parcours vers la sélection permanente ; Québec renoue avec les voyages en Europe, en particulier pour attirer les étudiants étrangers francophones.
Sur le terrain de l’emploi, la même impression se dégage. Si le gouvernement fédéral ajoute de nouvelles exigences pour le recrutement de postes à bas salaire (affichage prolongé, efforts ciblés vers les jeunes Canadiens et résidents permanents), il ménage dans le même temps une soupape pour ces mêmes postes à bas salaire dans les régions rurales.
Direction
Christophe Berthet
Coordination éditoriale
Basile Moratille
Rédaction
Basile Moratille
Conception Web
Soufian Ajlani
Photo
Unsplash, Wikimedia Commons, Immigrant Québec
Édité par
Immigrant Québec
115 rue Prince-Arthur Est
Montréal H2X 1B5
(Québec) Canada
Les textes contenus dans ce recueil n’ont aucune valeur contractuelle. La reproduction totale ou partielle des textes est interdite sans accord préalable de l’éditeur.
Le Québec assiste à un net recul du nombre de résidents non permanents sur son territoire. De son côté, Statistique Canada confirme une baisse marquée à l’échelle du pays, particulièrement en fin d’année 2025.
Le Québec assiste à un net recul du nombre de résidents non permanents sur son territoire. De son côté, Statistique Canada confirme une baisse marquée à l’échelle du pays, particulièrement en fin d’année 2025.
Les dernières estimations démographiques montrent un net repli des résidents non permanents (RNP) en 2025, au Québec comme au Canada. Au Québec, l’effectif aurait culminé au 1er janvier 2025 à 565 452 personnes avant de redescendre à 514 039 au 1er janvier 2026, selon les données de Statistique Canada reprises par l’ISQ.
L’ISQ souligne que le solde migratoire québécois de 2025 est marqué par un départ net de RNP (-51 413), à peine compensé par les personnes arrivées avec un statut permanent (+51 879).
La baisse est particulièrement visible en fin d’année : au 4e trimestre 2025, Statistique Canada estime une diminution de 32 200 RNP au Québec. Sur la même période, le Canada affiche une perte de 171 296 RNP. Statistique Canada attribue surtout ce recul à la diminution des personnes détenant un permis d’études, un permis de travail, ou les deux.
IRCC lance une mesure temporaire pour éviter des ruptures d’emploi au Québec : des travailleurs déjà engagés dans une démarche de sélection permanente pourront obtenir un permis de travail fermé lié à leur employeur d’une durée de 12 mois maximum.
Le 13 mars 2026, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) annonçait une mesure temporaire visant à aider le Québec à retenir des travailleurs qualifiés engagés dans les démarches les menant à la première étape provinciale vers la résidence permanente.
Cette mesure permet aux personnes admissibles de demander un nouveau permis de travail fermé dispensé d’évaluation de l’impact sur le marché du travail (EIMT) et d’une durée de 12 mois maximum, afin de continuer à travailler pour leur employeur actuel.
La mesure s’adresse aux travailleurs qui ont reçu une invitation à présenter une demande de sélection permanente du Québec dans le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) – et qui ont déjà présenté leur demande.
Des conditions pour le moins restrictives, avant tout destinées à maintenir le statut des TET le temps que le MIFI évalue leur dossier de demande de sélection permanente.
Les demandes peuvent être soumises jusqu’au 31 décembre 2026, et IRCC indique un traitement accéléré. Les personnes sont invitées à déposer la demande avant l’expiration de leur permis actuel pour pouvoir continuer à travailler.
Le 19 mars 2026, Québec a invité 2 522 personnes à présenter leur demande de sélection permanente dans son PSTQ. Le Volet 3 domine une ronde qui se distingue aussi par des seuils parfois plus bas qu’en janvier.
La ronde du 19 mars 2026 du PSTQ a généré des invitations dans les quatre volets.
Volet 1 « Haute qualification et compétences spécialisées » (893 invitations réparties en 3 exercices) :258 invitations ont ciblé des profils diplômés au Québec (718+ points) ; 412 des secteurs prioritaires (588+ points) ; 223 reposent sur un critère de scolarité (709+ points).
Volet 2 « Compétences intermédiaires et manuelles » (509 invitations réparties en 3 exercices) : 109 invitations avec diplôme du Québec (679+ points) ; 193 en secteurs prioritaires (505+ points) ; 207 sur un critère plus large de scolarité/expérience (662+ points).
Volet 3 « Professions réglementées » (1 118 invitations réparties en 6 exercices) : nette montée. 151 invitations « diplôme du Québec » (672+ points), et surtout 855 en secteurs prioritaires (563+ points), auxquels se sont ajoutés des sous-ciblages (13 invitations pour les catégories FEER 3–5 à 397+ points, par exemple).
Le Volet 4 « Talents d’exception » n’a reçu que 2 invitations.
Par rapport aux rondes précédentes, on observe une baisse graduelle au Volet 1 (1 094 le 29 janvier, 907 le 26 février, 893 le 19 mars). À l’inverse, le Volet 3 passe de 750 (29 janvier) à 1 118 (19 mars), avec davantage d’exercices et des seuils plus variés.
Depuis son lancement en juillet 2025, le PSTQ a généré un total de 9 450 invitations à présenter une demande de sélection temporaire.
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a annoncé deux ajustements tarifaires qui pour l’un le droit de citoyenneté, et pour l’autre la grille des frais liés à la résidence permanente.
Deux changements de frais fédéraux sont entrés en vigueur ce printemps 2026.
Le 31 mars 2026, pour commencer, les frais relatifs au droit de citoyenneté pour les demandeurs augmentent de 3,25 $ CAN, de 119,75 $ CAN à 123 $ CAN. Les frais de traitement de la demande de citoyenneté demeurent inchangés à 530 $ CAN. IRCC précise que cet ajustement est annuel et lié à l’inflation en vertu de la Loi sur les frais de service.
Ensuite, dès 30 avril 2026 et conformément à son mécanisme d’ajustement tarifaire aux 2 ans prévu au Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés, IRCC appliquera une revalorisation de sa grille de frais liés à la résidence permanente
Les frais relatifs à toutes les catégories d’immigration sont concernés (économique, gens d’affaires, humanitaire, etc.).
IRCC prolonge d’un an l’accès à certaines mesures liées aux permis de travail pour les Ukrainiens arrivés au Canada en vertu de l’AVUCU. Les personnes admissibles auront jusqu’au 31 mars 2027 pour demander la prolongation de leur permis, pour une durée pouvant aller jusqu’à 3 ans.
Dans un communiqué daté du 31 mars 2026, IRCC annonce que les Ukrainiens venus au Canada grâce à l’Autorisation de voyage d’urgence Canada-Ukraine (AVUCU) obtiennent un an de plus pour demander la prolongation de leur permis de travail.
Sont admissibles les Ukrainiens et membres de leur famille arrivés au plus tard le 31 mars 2024. S’ajoutent les titulaires d’une AVUCU autorisés à arriver au plus tard le 31 décembre 2024, mais qui n’ont pas reçu de décision à temps.
Les demandes de prolongation pourront être déposées jusqu’au 31 mars 2027, pour un permis pouvant aller jusqu’à trois ans.
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada annonce la nomination d’une nouvelle présidente au conseil d’administration du Collège des consultants en immigration et en citoyenneté (CCIC).
IRCC confirme la nomination d’une nouvelle présidente au conseil d’administration du Collège des consultants en immigration et en citoyenneté. Le Collège encadre la profession de consultant en immigration et citoyenneté et contribue à protéger les clients contre les pratiques frauduleuses ou non conformes.
Selon l’avis du 9 mars 2026, cette nomination s’inscrit dans les efforts visant à consolider la surveillance et la gouvernance de l’organisme, tout en soutenant l’intégrité du système d’immigration. L’annonce rappelle aussi le rôle du Collège dans la réception et le traitement des plaintes liées à la conduite professionnelle.
IRCC prolonge jusqu’au 31 mars 2027 des mesures temporaires visant des ressortissants d’Iran déjà au Canada.
Dans un avis daté du 4 mars 2026, IRCC annonce un nouvel ensemble de mesures ciblées pour des ressortissants d’Iran déjà au Canada.
Les personnes visées sont celles qui détiennent un permis de travail valide délivré au plus tard le 28 février 2025. Celles-ci pourront demander une prolongation de leur permis jusqu’au 31 mars 2027. Les frais de traitement habituels s’appliquent.
IRCC précise que les personnes qui souhaitent prolonger un séjour à titre de visiteur ou un permis d’études doivent utiliser les processus réguliers.
À l’occasion du Mois de la prévention de la fraude, la ministre Lena Metlege Diab invite le public à « repérer, arrêter et signaler » les arnaques liées à l’immigration. IRCC en a profité pour rappeler les signaux d’alerte et les conséquences de fausses déclarations.
Dans un communiqué du 2 mars 2026, IRCC a publié une déclaration sur la fraude en immigration et citoyenneté, destinée à outiller les personnes immigrantes victimes de fraude ou d’abus dont elles pourraient être la cible.
IRCC rappelle qu’en 2025, plus de 95 000 cas ont donné lieu à enquête et plus de 95 000 demandes refusées pour fausses déclarations, et que de nouvelles règles visent les représentants rémunérés fautifs (sanctions pouvant atteindre 1,5 M$ CAN).
De son côté, le Collège des consultants en immigration et en citoyenneté a mis en ligne une série de capsules vidéo pour se familiariser au sujet et apprendre, à nouveau, à la détecter.
Dans un communiqué du 2 avril 2026, IRCC a annoncé des mesures pour aider les étudiants, travailleurs et visiteurs touchés par une catastrophe naturelle au Canada, et accélérer l’arrivée de renforts étrangers en services d’urgence.
Les résidents temporaires directement touchés pourront remplacer des documents perdus et demander la prolongation ou le rétablissement de leur statut, même après le délai habituel de 90 jours. La nouvelle mesure, annoncée par voie de communiqué le 2 avril 2026, étend ce délai jusqu’à 6 mois.
Les demandes devront inclure une attestation expliquant quand et comment la catastrophe a eu un impact, ainsi qu’une preuve de présence dans une zone touchée (pièce d’identité, facture, reçu d’hôtel, etc.).
Pour les interventions, certains frais (demande de VRT et biométrie) peuvent être levés pour du personnel de secours étranger sélectionné par des organismes de coordination, afin de faciliter une arrivée rapide au Canada.
Ces mesures sont valables du 1er avril 2026 au 30 novembre 2028.
Dans un jugement du 6 mars 2026, la Cour suprême du Canada estime que l’exclusion des demandeurs d’asile du régime québécois de garderies subventionnées est discriminatoire.
Dans l’affaire Québec (Procureur général) c. Kanyinda (2026 CSC 7), la Cour suprême a conclu que le Règlement sur la contribution réduite (garderies subventionnées) ne peut exclure les personnes demandeuses d’asile qui résident au Québec.
Même si la règle visait tous les demandeurs d’asile, sans distinction, la Cour retient une discrimination « par ses effets » fondée sur le sexe au sens de l’article 15 de la Charte canadienne des droits et libertés. La majorité explique que l’absence d’accès à des services de garde abordables touche plus durement les femmes demandeuses d’asile, qui sont davantage susceptibles d’assumer la garde des enfants, ce qui limite leur capacité de travailler et renforce un désavantage historique sur le marché du travail.
Par conséquent, si vous êtes parent en demande d’asile et résidez au Québec, vous pouvez demander une place en service de garde subventionné, même si vous n’avez pas de permis de travail.
Québec invoquait l’objectif de réserver la contribution réduite aux personnes ayant un lien suffisant avec la province. La Cour reconnaît l’importance de l’objectif, mais estime qu’il n’y a pas de lien réel entre cet objectif et l’exclusion des demandeurs d’asile. La mesure n’est donc pas justifiée au regard de l’article 1 de la Charte.
IRCC a modifié le mode de calcul du revenu familial exigé pour le super visa des parents et grands-parents. Deux assouplissements sont ajoutés : une période d’évaluation sur 2 ans et la possibilité d’ajouter le revenu du visiteur.
Dans un avis publié le 20 mars 2026, IRCC annonce une nouvelle méthode pour évaluer le revenu requis au super visa, afin de rendre le programme « plus équitable et plus accessible ».
Depuis le 31 mars 2026, l’hôte (et éventuellement son cosignataire) pourra satisfaire l’exigence de revenu en atteignant le seuil au cours de l’une des deux années d’imposition précédant la demande (au lieu d’une seule auparavant).
Autre changement : si l’hôte atteint un pourcentage minimal, le revenu du parent ou des grands-parents en visite pourra être ajouté pour combler l’écart restant.
Les demandes en cours ou soumises à partir du 31 mars seront évaluées selon ces règles.
La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) a publié son calendrier d’activités 2026 lié au 50e anniversaire de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.
Le cycle « La Charte, 50 ans d’évolution des droits de la personne au Québec » propose des conférences en ligne (Teams), gratuites mais sur inscription. La prochaine aura lieu le 14 avril 2026 (12 h à 13 h 30).
La CDPDJ annonce également un forum régional « 50 ans de la Charte », qui aura lieu le 15 avril 2026 (10 h à 15 h), à Rouyn-Noranda. L’activité vise des organismes de défense des droits et comprend une partie informative et une partie consultative. L’inscription est gratuite, mais limitée (2 personnes par organisme).
Le calendrier liste enfin d’autres conférences à l’automne 2026 (septembre, octobre, novembre, décembre), afin de souligner le demi-siècle de la Charte.
De nouvelles exigences ont fait leur apparition pour le recrutement à des postes à bas salaire dans le Programme des travailleurs étrangers temporaires (TET).
Les demandes d’EIMT reçues dès le 1er avril 2026 pour des postes à bas salaire devront respecter deux nouvelles conditions.
D’abord, l’employeur devra afficher le poste au moins 8 semaines consécutives, et l’affichage devra avoir lieu dans les 3 mois précédant le dépôt de la demande d’Évaluation de l’impact sur le marché du travail (EIMT). La période d’affichage devra également être complètement terminée avant de pouvoir soumettre l’EIMT.
Ensuite, l’employeur devra démontrer des efforts de recrutement ciblés vers les jeunes (15 à 30 ans), par exemple via le Guichet-Emplois (section jeunesse), des sites destinés aux jeunes, des partenariats avec des établissements d’enseignement ou des programmes d’emploi jeunesse.
Ces démarches s’ajoutent aux exigences déjà en place.
Les employeurs québécois des régions rurales peuvent conserver leurs travailleurs étrangers temporaires à bas salaire s’ils dépassent la limite des 10 % de leur effectif par lieu de travail. Ottawa présente cet assouplissement comme un soutien ciblé aux employeurs des régions rurales confrontés à des difficultés de recrutement.
Pour vérifier si votre lieu de travail se situe dans une région rurale admissible à la mesure, il suffit d’entrer le code postal complet du lieu de travail sur le site du Recensement de la population. Si aucune région métropolitaine de recensement n’apparaît, le lieu de travail est alors considéré comme admissible à la mesure rurale.
Dans un courriel d’information du 1er avril 2026, EDSC précise également que, si tous les secteurs au Québec sont concernés par cette mesure, les variantes propres qui peuvent exister dans certains secteurs, ou encore celles qui concernent les postes dont la proportion n’est pas soumise à une limite restent inchangées.
Par « région rurale », Emploi et Développement social Canada (EDSC) entend les régions situées en dehors des régions métropolitaines de recensement (RMR).
EDSC met à disposition toute l’information utile sur cette page, dans l’onglet Limite de la proportion des postes à bas salaire.
La mesure s’applique à toutes les Évaluation de l’impact sur le marché du travail (EIMT) reçues à partir du 1er avril 2026. Elle restera accessible jusqu’au 31 mars 2027.
Dans un audit déposé le 23 mars 2026, la vérificatrice générale du Canada conclut que le plafonnement du nombre de permis d’études délivrés annuellement a bel et bien freiné la croissance du nombre de permis d’études, mais elle souligne que des lacunes d’intégrité persistent.
Le Bureau du vérificateur général du Canada estime que les réformes du Programme des étudiants étrangers ont ainsi surtout eu des conséquences sur les volumes d’étudiants admis, sans pour autant améliorer l’intégrité du système.
Ainsi, si IRCC a réduit l’émission des nouveaux permis d’études dans le but de contrôler la croissance de la population étudiante au pays, l’effet aurait été disproportionné dans les petites provinces.
Le rapport note aussi un recul encore plus marqué que prévu du nombre d’étudiants étrangers, lié à la baisse des demandes et à des taux d’approbation inférieurs aux prévisions. En 2024, moins de la moitié des nouveaux permis visés ont été approuvés, et en septembre 2025, un peu plus de 50 000 permis avaient été approuvés sur 255 360 prévus.
Côté contrôles, l’outil de vérification des lettres d’acceptation aurait permis de vérifier 97 % de plus de 841 000 lettres entre décembre 2023 et septembre 2025. Mais l’audit souligne l’ampleur des cas potentiels de non-respect.
Plus de 153 000 étudiants « potentiellement non conformes » ont été recensés en 2023-2024, pour une capacité d’enquête limitée de 2 000 cas par an environ.
Plusieurs universités au Canada ont annoncé des mesures destinées aux étudiants étrangers touchés par le conflit au Moyen-Orient.
Reports d’examens, délais de paiement, bourses d’urgence et accès accru au soutien psychosocial : alors que le conflit se poursuit au Moyen-Orient, des universités canadiennes et québécoises renforcent l’accompagnement de certains étudiants internationaux.
Les personnes touchées sont avisées de se rapprocher de leur établissement pour vérifier si de telles mesures existent et connaître les conditions pour en bénéficier.
La ministre Martine Biron s’est déplacée en France et en Belgique avec des représentants d’universités et de cégeps. Objectif : relancer la mobilité étudiante et rassurer les partenaires, dans le sillage de réformes qui ont fait chuter les demandes.
Le 25 mars 2026, Radio-Canada a rapporté que la ministre de l’Enseignement supérieur, Martine Biron, s’en allait en mission d’une semaine en France et en Belgique pour « rétablir les faits » et réduire la confusion sur l’accueil des étudiants étrangers.
Elle reconnaît que les quotas d’étudiants étrangers, ainsi que la fin du Programme de l’expérience québécoise (PEQ, volet Diplômés) ont envoyé un signal négatif et que plusieurs établissements au Québec constatent une forte baisse des demandes.
Depuis le 26 mars 2026, le projet de loi C-12 est en vigueur. Il ajoute deux motifs d’irrecevabilité qui limitent l’accès à la CISR, et prévoit un traitement modernisé des demandes. IRCC obtient aussi de nouveaux leviers sur certains documents.
Le gouvernement fédéral confirme l’entrée en vigueur de la Loi visant à renforcer le système d’immigration et la frontière du Canada, le 26 mars 2026. Celle-ci s’inscrit dans un projet de modernisation du processus d’asile à plus large échelle, qui sera poursuivi dans les prochains mois.
Le changement le plus immédiat introduit par la loi touche à l’asile : deux nouvelles exigences de recevabilité s’appliquent de façon rétroactive aux demandes présentées depuis le 3 juin 2025.
Pour commencer, une demande déposée plus d’un an après la première entrée au Canada (pour une entrée après le 24 juin 2020) n’est plus déférée à la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR).
Ensuite, les demandes des personnes qui franchissent la frontière terrestre Canada–États-Unis et demandent l’asile après 14 jours ne sont pas, elles non plus, transmises à la CISR.
Enfin, IRCC obtient un cadre plus clair pour l’échange de certains renseignements et des pouvoirs élargis pour gérer certains documents (visas, AVE, permis), incluant la possibilité d’interrompre ou suspendre la réception/le traitement de certaines demandes dans des conditions précises.
Dans un communiqué du 20 mars 2026, Ottawa annonce le financement de trois projets visant l’immigration francophone hors Québec, avec l’objectif d’attirer et retenir des talents francophones et bilingues, mieux informer les candidats à l’immigration hors Québec et soutenir des communautés en situation minoritaire.
La Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada (FCFA) rappelle l’importance de sensibiliser les personnes immigrantes à la réalité des enjeux d’installation en milieu minoritaire, en toute transparence. Leur besoin d’information est réel.
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) annonce un financement d’environ 1,5 M$ pour trois nouveaux projets du Programme d’appui à l’immigration francophone :
IRCC souligne aussi un soutien pouvant atteindre 575 000 $ CAN sur trois ans à l’Université de l’Ontario français pour un microcertificat en gestion de l’immigration francophone.
Le gouvernement du Canada a augmenté la plupart des frais de passeports et de documents de voyage le 31 mars 2026, une première depuis 2013.
Cette hausse, annoncée par un avis du 3 mars 2026, doit refléter l’inflation et les coûts de production et de service. Elle donnera lieu à une indexation annuelle.
Pour les demandes présentées au Canada :
D’autres frais augmentent aussi (passeports à l’étranger, certificat d’identité, titre de voyage de réfugié, services urgents).
Dans le même temps, une nouvelle mesure, entrée en vigueur le 1er avril 2026, garantit le traitement d’une demande de passeport en 30 jours ouvrables, sous peine de remboursement complet des frais.
À partir du 1er avril 2026, les personnes immigrantes admises dans la catégorie économique disposeront d’un temps limité pour accéder aux services d’établissement financés par Ottawa.
Dans un communiqué du 10 mars 2026, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a annoncé un changement d’admissibilité aux services d’établissement des résidents permanents de la catégorie économique. On parle ici de l’accompagnement dans la recherche d’emploi, l’adaptation de son CV, l’apprentissage d’une langue ou encore de l’intégration en emploi.
Jusqu’ici, ces services étaient accessibles entre l’obtention de la résidence permanente et celle de la citoyenneté.
Or, depuis le 1er avril 2026, l’accès est limité à 6 ans après l’obtention de la résidence permanente. Puis, à compter du 1er avril 2027, la limite passera à 5 ans. La mesure vise les demandeurs principaux, ainsi que les conjoints et personnes à charge accompagnantes admis dans la catégorie économique.
Cette mesure n’impacte pas directement les prestations offertes aux personnes admises au Québec, qui sont conçues et administrées par le gouvernement du Québec, notamment grâce à une subvention versée par le gouvernement fédéral au titre de l’Accord Canada-Québec.